Tito Valery, Animateur télé;

A « hype it », on s’en fou. C’est la première règle de toutes mes émissions. Si tu en as envie, tu t’éclates, tant pis pour les complexés ! are we good ? ". le propos, Tito le tient à un invité qu’il veut rassurer. Avec une décontraction naturelle et un bilinguisme acquis en famille (pour l’anglais) et chez les voisins (pour le français). C’est d’ailleurs l’un des rares hommes de media au kamer qui s’adapte, avec une aisance, à passer d’une langue à une autre, selon sa propre inspiration. Le Cameroun est bilingue, Tito est un model de ce bilinguisme, que si peu de ses concitoyens pratiquent.

Malgré ses dreadlocks, la chaîne STV l’a propulsé au devant de la scène. « alors que je n’étais rien, ils ont osé me mettre avec des dreadlocks sur une chaîne sérieuse. C’est fou. J’aime ça », déclare t- il. « personne ne peut résister au boom de la télé réalité, et le look en fait partie. L’heure de la télé sophistiquée est dépassée. Les gens veulent voir des personnes qui se rapprochent de leur quotidien », ajoute t- il.

Il rêve de faire une émission dans le style Oprah Winfrey, c'est-à-dire « un talk show qui peut changer des vies ». il vient de signer un contrat de « consultant à STV » qui lui permettra de produire et présenter 4 émissions « hype it », « world chart », « The break » et « lingua musica ». il est satisfait de ce contrat qui lui confère en réalité le statut de co-producteur.

Sortie de l’université de Buea avec en poche, sa licence en « journalism and Mass communication », il débarque à Douala en 2002/2003, il est obligé de s’assumer seul, vu qu’il s’est mis sa famille à dos à cause de choix professionnels qui l’éloignent de sa licence en droit. Son père, malgré le parcours prometteur de son fils est resté circonspect.

Malgré le succès, Tito n’oublie pas ses débuts difficiles. La galère commence à Radio Equinoxe ou il touche un salaire « minable ». ou on lui rappelle tout le temps « qu’il s’estime heureux d’avoir été choisi ». il quitte Equinoxe après onze mois et tente l’aventure ailleurs. Il est recruté à Radio Nostalgie ou il espère mieux. La galère continue et les problèmes financiers s’amoncèlent. les lendemains déchantent très vite après les promesses paradisiaques. En 16 mois de boulots, 8 mois d’arriérés de salaire et 3 suspensions. C’est à nouveau l’errance. La galère. Mais l’espoir  qu’un jour viendra, ou son projet d’atterrir à la télé s’accomplira.

Comme un millier de personnes, il propose ses services à STV, alors que la chaîne s’installe avec, à sa tête, un Moctar Sylla qui, pour commencer, a décidé de ne travailler qu’avec des jeunes talents à qui il veut donner une chance. Tito est engagé en 2004 par un contrat et en décembre 2005, il est renouvelé et revu à l’avantage de ce jeune à l’énergie débordante.

Tito rêve de pouvoir créer un jour, une institution de communication qu’il confierait alors à des jeunes doués, qui travaillerait avec lui et non pour lui. Son projet immédiat, ce pendant, c’est « make a difference » (MAD), une association montée avec son pote Nabil. En fait, une « contact company » pour faire du « Networking », mettre des jeunes talents camerounais dans tous les domaines avec des institutions internationales qui en auraient besoin.

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