Le concert prévu samedi a commencé tard à cause de la facture du matériel de sonorisation impayée. Mais le pire a été évité.

Accouchement difficile, que cette première édition des Couleurs urbaines. Durant le week-end dernier au camp Aes-Sonel d’Essos, ce n’était pas vraiment la grande fête annoncée autour du hip hop et des cultures urbaines. Si vendredi, le public a traîné les pieds pour venir, samedi, c’est tout simplement les problèmes d’intendance qui ont terni l’image de ce festival. La faute à une facture non payée dans sa totalité et qui normalement devait être supportée par le principal partenaire de l’événement. " Une partie de la note a été payée au prestataire devant fournir la sonorisation. Ils refusent le chèque qui leur est donné par le sponsor et exigent un paiement cash de 700.000 Fcfa ", explique un membre du comité d’organisation. Il est plus de 22h, et dans les coulisses, les rappeurs commencent à s’impatienter. dj Bilik, survolté, est le premier à lancer les hostilités : " C’est une honte ! Regardez ce que des gens viennent faire aux jeunes. On leur propose un chèque et ils veulent du cash. Ils n’encouragent pas la jeunesse camerounaise. Des étrangers sont venus de loin assister à ce festival. C’est cette image que vous donnez du Cameroun ? On souffre ", gronde-t-il en direction des fournisseurs de la sonorisation qui appartiendrait à un député bien connu de la place.

Alors que le matériel commençait à être démonté, à mesure que le dialogue de sourds perdurait et que les rappeurs, excédés, commençaient à envahir le podium, la lumière vint finalement. Des Occidentaux, amis d’Ak Sang Grave. Reezbo, l’un des membres de ce groupe de rap explique : " Ce sont des amis forestiers, venus assister au spectacle qui, stupéfaits par ce qui s’est passé ont finalement payé la note ". Ouf ! On a frôlé le pire aux Couleurs urbaines. Le matériel est de nouveau monté. Les rappeurs priés de quitter la scène, et de préparer leur show. Il est environ 23h, et Hans Mbong le promoteur se fend en excuses : " Nous nous excusons pour ce désagrément. Merci aux rappeurs qui ont bien voulu patienter et nous soutenir. Que le spectacle commence ". Il est près de 23h30 mn et les spectateurs, principalement les rappeurs et leurs amis, se sont massés devant le podium. Sultan Oshimin au micro essaye d’haranguer le maigre public. Mais, les esprits échauffés prennent du temps pour se calmer. Le désagrément est encore vif dans les têtes.

Le concert a quand même eu lieu, et le public qui est resté jusqu’à 3h du matin, a vu défiler les artistes programmés. Hans Mbong, pour sa part, est encore amer : " Notre prestataire a fait preuve de mauvaise foi, parce qu’on lui avait présenté toutes les garanties possibles. Il voulait une somme de 700.000 Fcfa, cash. Pourtant on lui a fait comprendre que c’était le week-end, mais il s’est montré carré. " Hier, étaient prévus la finale des " Battles " et un grand concert de clôture en soirée, " pour laver l’affront " et permettre aux autres groupes de s’exprimer, l’esprit

cameroon-tribune.net

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